LE VOILE
Petite histoire du voile
Une loi du roi d’Assyrie Téglath-Phalasar Ier (v. 1115-1077 av. J.-C.) réglemente le port du voile : « Les femmes mariées qui sortent dans la rue n'auront pas la tête découverte. La concubine qui va dans la rue avec sa maîtresse (l'épouse) sera également voilée. La hiérodule (prostituée sacrée attachée au service d’un temple, ndlr) qu'un mari a prise sera voilée dans les rues. Et celle qu'un mari n'a pas prise ira la tête découverte. La prostituée non sacrée ne sera pas voilée ; sa tête sera découverte. »
L'usage du voile existe dans le monde gréco-romain, chez les Celtibériens, les Mèdes, les Perses (les reines achéménides - 556 à 330 avant J.-C. - portent déjà le tchador 1), les Arabes, les peuples de l’Asie Mineure.
En Palestine, du temps de Jésus, les femmes portent le voile.
Paul, dans la première Epître aux Corinthiens (11,2-16), insiste sur la nécessité pour la femme de se couvrir la tête quand elle prie ou prophétise. La femme doit porter un voile à l'assemblée du culte, exprimant par ce symbole que sa dignité chrétienne ne l'a pas affranchie de sa dépendance à l'égard de son mari, ni du second rang qu'elle occupe encore dans l'enseignement officiel : elle ne doit pas « parler » à l'Église, c'est-à-dire qu’elle ne peut enseigner (I Corinthiens 14,34 ; I Timothée 2,12) ; tel est le « commandement du Seigneur » reçu par Paul (I Co 14,37).
Lin, successeur de Pierre comme évêque de Rome vers 67, interdit aux femmes d'assister nu-tête aux assemblées.
En 213, dans De Virginibus velandis (Du voile des vierges), Tertullien (vers 155-222), théologien chrétien de Carthage, demande aux jeunes filles de porter le voile hors de chez elles, comme les femmes mariées. Il ajoute : « Femme, tu devrais toujours porter le deuil, être couverte de haillons et abîmée dans la pénitence, afin de racheter la faute d’avoir perdu le genre humain »
Depuis octobre 1964, les femmes sont autorisées à entrer tête nue dans les églises catholiques ; auparavant elles étaient tenues de porter une voilette (fixée au chapeau) ou une mantille (dentelle) ou un foulard (carré) ou un fichu (triangulaire). L'obligation pour les femmes de se couvrir la tête n'apparaît plus dans le code de droit canonique de 1983.
Dans la tradition religieuse chrétienne monastique, le voile de la religieuse signifie qu'elle se sépare du monde pour une plus grande intimité avec Dieu. Le pape Léon Ier (440-461) décréta que l'on ne donnerait aux religieuses le voile sacré qu'après qu'elles auraient gardé la virginité jusqu'à l'âge de quarante ans (âge canonique).
On peut lire dans le Coran :
"Les hommes sont supérieurs aux femmes en raison des qualités par lesquelles Dieu a élevé ceux-là au-dessus de celles-ci, et parce que les hommes emploient leurs biens pour doter les femmes. Les femmes vertueuses sont obéissantes et soumises ; elles conservent soigneusement pendant l'absence de leurs maris ce que Dieu a ordonné de conserver intact. Vous réprimanderez celles dont vous aurez à craindre l'inobéissance ; vous les reléguerez dans des lits à part, vous les battrez ; mais aussitôt qu'elles vous obéissent, ne leur cherchez point querelle. Dieu est élevé et grand" (Sourate IV, 38) 3.
"Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu'Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu'ils font de leurs biens. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l'absence de leurs époux, avec la protection d'Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d'elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand !" (Sourate IV, 34) 4.
"Commande aux femmes qui croient de baisser leurs yeux et d'être chastes, de ne découvrir de leurs ornements que ce qui est en évidence, de couvrir leurs seins de voile, de ne faire voir leurs ornements qu'à leurs maris ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, à leurs fils ou aux fils de leurs maris, à leurs frères ou aux fils de frères, aux fils de leurs sœurs, ou aux femmes de ceux-ci, ou à leurs esclaves acquêts de leurs mains droites, ou aux domestiques mâles qui n'ont point besoin de femmes, ou aux enfants qui ne distinguent pas encore les parties sexuelles d'une femme. Que les femmes n'agitent point les pieds de manière à faire voir les ornements cachés. Tournez vos cœurs vers Dieu, afin que vous soyez heureux." (Sourate XXIV, 31) 3.
"Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu'elles rabattent leur voile sur leurs poitrines ; et qu'elles ne montrent leurs atours qu'à leurs maris, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs sœurs, ou aux femmes musulmanes, ou aux esclaves qu'elles possèdent, ou aux domestiques mâles impuissants, ou aux garçons impubères qui ignorent tout des parties cachées des femmes. Et qu'elles ne frappent pas avec leurs pieds de façon que l'on sache ce qu'elles cachent de leurs parures. Et repentez-vous tous devant Allah, Ô croyants, afin que vous récoltiez le succès." (XXIV, 31) 4.
"O Prophète ! Prescris à tes épouses, à tes filles et aux femmes des croyants, d’abaisser un voile sur leur visage. Il sera la marque de leur vertu et un frein contre les propos des hommes. Dieu est indulgent et miséricordieux." (Sourate XXXIII, 57) 3.
"Ô Prophète! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles : elles en seront plus vite reconnues et éviteront d'être offensées. Allah est Pardonneur et Miséricordieux." (XXXIII, 59) 4.
Les passages du Coran relatifs au port du voile ont été diversement interprétés selon les écoles juridiques, les époques et les régions.
Selon la tradition, Zainab, une des épouses du Prophète, étant sortie une nuit de 626 pour satisfaire un besoin naturel et ayant été importunée par des hommes, Muhammad recommanda aux femmes de se voiler pour qu’elles puisent être reconnues comme telles et respectées.
Le hadith (tradition du Prophète) : « Tout le corps de la femme est awra (à cacher) excepté ses mains et son visage », rapporté par le compilateur Abu Dawud, est invoqué par la majorité des théologiens sunnites, chiites et ibadites, pour justifier l'obligation de voilement 5.
En 1516, l'empereur ottoman, Selim Ier, impose le port du voile aux femmes de Syrie : noir et blanc pour les musulmanes, jaune pour les juives et rouge pour les chrétiennes 1.
En 1923, au Caire (Egypte), Hoda Chaaroui, présidente de l'Union féministe, jette son voile en un geste spectaculaire.
Le 27 août 1925, Mustapha Kemal, président de la République turque, déclare que les femmes doivent paraître en public et montrer leur visage. En 1926, les voiles, tcharchaf et litham, sont interdits. Le port du voile est prohibé dans les administrations et les écoles publiques ; il est déconseillé fortement dans tous les lieux publics.
En 1928, les Afghanes et les Persanes peuvent se promener tête nue (le port du voile est facultatif).
Par décret royal du 21 mars 1935, Reza, Shah d’Iran, interdit le port du voile en public.
A compter du 7 janvier 1936 (7 dey 1315), le voile est interdit en tous lieux, dans la rue comme dans les universités. Reza Shah demande à la Reine et à ses filles les princesses Ashraf et Shams de donner l'exemple. La police iranienne arrache aux femmes réticentes le tchador traditionnel.
En mars 1979, l’ayatollah Khomeyni proclame que toutes les femmes travaillant dans l'administration doivent porter le hijab. Par la suite, des manifestations de proclamation de femmes des classes moyennes et hautes, contre le port du voile, alternent avec les manifestations de femmes traditionnelles, qui militent pour le respect de la tenue islamique. Par la suite, les commerçants sont invités à ne pas accepter les femmes sans foulard islamique, et finalement, pendant le printemps et l'été 1982, une campagne vigoureuse est lancée par les pasdaran pour faire respecter la règle dans chaque ville ou village 2.
Au Maroc, à l'avènement de l'indépendance en 1956, le roi Mohammed V demande à sa propre fille d'ôter son voile en public pour marquer la libération de la femme.
En Tunisie, le 10 janvier 1957, Habib Bourguiba interdit le port du hijab dans les écoles.
Le décret 108, promulgué en 1981, interdit le port du voile dans l'administration publique et déconseille fortement aux femmes de le porter en public.
Au cours des dernières années de la guerre d'Algérie, les Français, sans grand succès, organisent des cérémonies de dévoilement collectif pour démontrer l'œuvre civilisatrice de la France en Algérie en faveur de l'émancipation des femmes algériennes 6.
En mai 2000, en Afghanistan, les talibans exigent des femmes (y compris les non-musulmanes) le port du voile.
En Syrie, le 18 juillet 2010, le ministre de l'Education supérieure publie le décret interdisant aux étudiantes des universités de porter la burqa ou le niqab.
Femme portant un tchador, Le Tour du Monde de Dieulafoy, 1881-1882
La laïcité française et les signes religieux
A l'automne 1989, des élèves musulmanes refusèrent de se rendre en classe sans leur foulard ; des proviseurs s'y opposèrent, invoquant le principe de la laïcité de l'école publique.
Le 27 novembre 1989, le Conseil d’Etat rappela que, si le port par les élèves de signes par lesquels ils manifestent leur appartenance à une religion n’est pas incompatible avec le principe de la laïcité, cette liberté ne permet pas aux élèves d’arborer des insignes d’appartenance religieuse qui constitueraient un acte de pression, de provocation, de prosélytisme ou de propagande.
Le 2 novembre 1992, le Conseil d’Etat revendiqua pour chacun « l'exercice de la liberté d'expression et de manifestation de croyances religieuses » et fit valoir que « le port d'insignes religieux n'est pas a priori une entorse à la laïcité, à condition que les personnes concernées s'interdisent tout prosélytisme et remplissent normalement leurs obligations scolaires, sans troubler l'ordre public. »
Le 20 septembre 1994, une circulaire du ministre de l’Education, François Bayrou, distingua les « signes religieux ostentatoires » par principe interdits et les « signes discrets » qui sont admis. Au mois d'octobre, un sondage de l'Ifop pour Le Monde/R.T.L. révéla que 78% des Français étaient hostiles au port du voile.
De 1994 à 1998, on dénombra quatre cent cas de port du foulard islamique.
Le 14 février 2000, le Conseil d’Etat considéra que « l’exercice de la liberté d’expression et de manifestation de croyances religieuses ne fait pas obstacle à la faculté pour les chefs d’établissement, et le cas échéant les enseignants, d’exiger des élèves le port de tenues compatibles avec le bon déroulement des cours, notamment en gymnastique et en technologie. »
Les proviseurs qui voulurent interdire le port du foulard islamique, motivèrent l’exclusion par le prosélytisme et par l’absentéisme : en effet, les porteuses de voile refusaient de participer aux cours d’éducation physique et de natation et d’assister à certains cours de sciences naturelles.
Le 19 juin 2003, la cour d’Appel de Paris confirma la décision du Conseil des prud’hommes du 17 décembre 2002 ordonnant la réintégration d’une employée portant le foulard islamique.
La Loi 2004-228 du 15-3-2004, précisée par la circulaire du 18-5-2004 (J.O. du 22), interdit le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics :
« Article 2.1. La loi interdit les signes et les tenues qui manifestent ostensiblement une appartenance religieuse. Les signes et tenues qui sont interdits sont ceux dont le port conduit à se faire immédiatement reconnaître par son appartenance religieuse tels que le voile islamique, quel que soit le nom qu'on lui donne, la kippa ou une croix de dimension manifestement excessive. La loi est rédigée de manière à pouvoir s'appliquer à toutes les religions (les turbans des sikhs sont également visés, ndlr) et de manière à répondre à l'apparition de nouveaux signes, voire à d'éventuelles tentatives de contournement de la loi. La loi ne remet pas en cause le droit des élèves de porter des signes religieux discrets. Elle n'interdit pas les accessoires et les tenues qui sont portés communément par des élèves en dehors de toute signification religieuse. En revanche, la loi interdit à un élève de se prévaloir du caractère religieux qu'il y attacherait, par exemple, pour refuser de se conformer aux règles applicables à la tenue des élèves dans l'établissement. »
De septembre 2004 à janvier 2005, 48 élèves furent exclus de leur établissement pour non respect de la loi précitée 7.
Le 5 juin 2008, la Cour constitutionnelle de Turquie annula un amendement à la loi fondamentale, adoptée en février par l'Assemblée nationale, qui autorisait le port du foulard dans les établissements universitaires ; l'amendement fut jugé contraire aux articles de la loi fondamentale mentionnant le caractère laïc de la République de Turquie.
La LOI n° 2010-1192 du 11 octobre 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public est publiée au JORF n°0237 du 12 octobre 2010.
Article 1 : Nul ne peut, dans l'espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage.
Article 2 : I. Pour l'application de l'article 1er, l'espace public est constitué des voies publiques ainsi que des lieux ouverts au public ou affectés à un service public. II. L'interdiction prévue à l'article 1er ne s'applique pas si la tenue est prescrite ou autorisée par des dispositions législatives ou réglementaires, si elle est justifiée par des raisons de santé ou des motifs professionnels, ou si elle s'inscrit dans le cadre de pratiques sportives, de fêtes ou de manifestations artistiques ou traditionnelles.
Article 3 : La méconnaissance de l'interdiction édictée à l'article 1er est punie de l'amende prévue pour les contraventions de la deuxième classe. L'obligation d'accomplir le stage de citoyenneté mentionné au 8° de l'article 131-16 du code pénal peut être prononcée en même temps ou à la place de la peine d'amende.
Article 4 : Après la section 1 bis du chapitre V du titre II du livre II du code pénal, il est inséré une section 1 ter ainsi rédigée : "Section 1 ter "De la dissimulation forcée du visage. "Art. 225-4-10. - Le fait pour toute personne d'imposer à une ou plusieurs autres personnes de dissimuler leur visage par menace, violence, contrainte, abus d'autorité ou abus de pouvoir, en raison de leur sexe, est puni d'un an d'emprisonnement et de 30 000 € d'amende. Lorsque le fait est commis au préjudice d'un mineur, les peines sont portées à deux ans d'emprisonnement et à 60 000 € d'amende."
Article 5 : Les articles 1er à 3 entrent en vigueur à l'expiration d'un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi.
Différents voiles portés par les musulmanes
En usage surtout en ville, le voile "intégral" est généralement ignoré dans les villages et chez les nomades ; il est souvent remplacé par un foulard cachant cou, gorge et cheveux.
Il existe plusieurs sortes de voiles intégraux ou partiels portés par les musulmanes :
- burqa ou burka (long voile, bleu ou marron, couvrant complètement la tête et le corps de la femme, avec une grille de coton devant les yeux, et remplaçant le tchador) en Iran et Afghanistan ; la burqa est appelée parandjah (ou parandja) en Asie centrale,
- tchador ou tchadri (mot persan ; il ne couvre pas le bas du pantalon des femmes et est adapté pour que les femmes puissent sortir leurs bras pour faire le marché, par exemple ; les mains sont visibles ; certains types de tchadri sont même ouverts par devant, légèrement en dessous de la taille, laissant paraître robe et pantalon ; en Iran, en Inde ; il est porté en Afghanistan depuis plus de 1 000 ans),
- niqab (grand drap ne laissant apparaître que les yeux) en Arabie Saoudite,
- sitar (rideau en arabe ; voile intégral ressemblant au niqab, mais couvrant également les yeux d'un voile assez fin pour voir au travers),
- hidjab en Arabie ou hidjeben dans les pays du Maghreb (voile cachant les cheveux, les oreilles et le cou et ne laissant voir que l’ovale du visage) ; le hidjab est appelé kichali aux Comores, Tudung (en Malaisie) et Ibadou (au Sénégal),
- haïk en Afrique du Nord (grande pièce de laine ou de coton, blanche ou noire, dissimulant les formes du corps et voilant le visage),
- sefseri ou safsari ou sefsari en Tunisie (voile traditionnel composé d'une large pièce d'étoffe blanche ou jaune couvrant tout le corps de la femme, en soie naturelle, en coton ou en satin),
- abaya (de couleur noire, elle doit couvrir le corps sauf le visage, les pieds et les mains ; elle peut être portée avec le niqab qui couvre tout le visage sauf les yeux) en Arabie Saoudite et dans les pays du Golfe persique,
- jilbab en Indonésie (foulard cachant les cheveux, les oreilles et le cou).
Le voile s’appelle aussi lithem (cache-nez) ou encore khimbr, terme générique désignant tout ce qui couvre la tête.
Citations
Les femmes grecques, lorsqu'elles sortaient, se voilaient le visage au moyen d'un coin de leur péplum ou de la draperie appelée credemnon, calyptra, etc., usage encore soigneusement conservé par les femmes d'Orient (...) Les plus anciens auteurs grecs parlent de voiles. Hésiode en a paré Pandore. Pénélope parait voilée devant ses prétendants. Phèdre, dans ses ardeurs, supporte impatiemment son voile. Les femmes thébaines avaient un voile d'une sorte particulière ; elles se l'appliquaient exactement sur la figure comme un masque et le perçaient de deux trous pour les yeux. Chez les Spartiates, les jeunes filles paraissaient en public découvertes ; les femmes mariées seules se voilaient. Toutefois, dans l'antiquité, les femmes obtinrent parfois quelque extension à leurs droits de coquetterie, et l'on voit par des médailles et des pierres gravées qu'elles s'entouraient la tête d'un voile, sans toujours s'en couvrir le visage ; femmes et jeunes filles devaient pourtant être voilées quand elles sortaient. Leurs voiles étaient d'ordinaire teints en rouge ou en pourpre. L'usage du voile existait aussi chez les Celtibériens, chez les peuples de l'Asie Mineure, les Mèdes, les Perses, les Arabes, etc. (…) Le voile fut adopté et conservé par les femmes chez les premiers chrétiens. Elles avaient la tête voilée, non-seulement quand elles sortaient, mais pour prier et prophétiser. Mais le voile, flammeum virginale, fut surtout l'insigne des vierges. Les évêques consacraient les vierges par l’imposition du voile. Il était simple, court, sans ornements, en laine pourpre. Quelques-unes cependant en portaient de flottants, de couleur violette (…) Les femmes au moyen âge firent souvent usage du voile comme principal ornement de coiffure, notamment au IXe siècle, ou il enveloppait les épaules et descendait presque à terre ; au XIe, ou elles s'en paraient surtout le dimanche pour aller à l'église. Le voile s'appelait alors le dominical, et les statuts synodaux enjoignaient de l'avoir sur la tête quand on allait communier. (Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle. Pierre Larousse)
http://compilhistoire.pagesperso-orange.fr/voile.htm