Je vais vous parler maintenant d'une histoire personnelle.
Je vivais à la maison avec 4 chats.
Le plus ancien, Mickey, était un être formidable: doux, espiègle, intelligent, gentil. Il avait sale caractère, mais jamais il ne faisait de mal à personne, et s'était "dévoué" pour servir de grand frère aux chats qui ont rejoint la maison après lui.
Un jour, alors que Mickey avait 13 ans, j'ai dû m'absenter de chez moi pendant deux semaines, pour une raison grave.
Avant de quitter la maison, et comme je le faisais à chaque fois avant de quitter le domicile, je lui dis: "Mickey, je te confie la maison" (sous-entendu: je te confie la garde des petits..."
Je n'oublierai jamais le regard qu'il m'a lancé ce jour-là: comme s'il n'était pas content, comme s'il était ... triste, et résigné.
J'ai pris cela pour de la colère. Je n'ai pas compris.
Je suis partie, mais avec un poids, que je ne savais m'expliquer.
A la maison, nous vivions également avec deux lapines naines: Bambi et Fanny.
Bambi était une dominante, et mordait parfois Fanny, qui était la douceur même.
Trois jours avant de rentrer à la maison, j'ai fait un rêve: Mickey était dans les flammes.
Je me suis réveillée en pleurs, en criant: "Mickey est mort !! Mickey est mort !!!"
Mon ami m'a alors répondu: "Calme-toi, Mickey n'est pas mort. Tu rêves souvent de chat, tu le sais, et même si tu apprends une mort chaque fois que tu rêves de chats, cela ne signifie pas que Mickey est mort".
Lorsque nous sommes rentrés à notre domicile, 3 jours après,
la première chose que j'ai ressenti en ouvrant la porte, c'est que Mickey était mort.
J'ai cherché partout, appelé dans le jardin et dans les environs.
Pas de Mickey.
J'ai alors téléphoné à la personne qui avait gardé mes petits compagnons durant mon absence, et elle m'a répondu: "Mickey est mort il y a 3 jours: il s'est fait renversé par une voiture. Il a été frappé à la tête, il serait mort sur le coup".
Et voici le message qui m'a été adressé:
"Tu avais demandé à Mickey de garder les autres animaux.
3 jours avant, Bambi a mordu sévèrement Fanny sur le dos, et la voisine a emmené Fanny chez elle pour soigner sa plaie.
Lorsque Mickey a vu cela, il a voulu suivre Caroline, lui qui avait si peur des voitures et ne savait pas traverser,
il s'est fait happé, sur le bord de la route, de notre côté de trottoir, entre ma maison et la sienne".
...
...
J'ai toujours pensé que Mickey était un "ange".
Il me parlait toujours par la pensée. C'est un langage que nous utilisions quotidiennement, lui et moi.
Un soir, alors qu'il n'avait 1 an ou 2, nous étions tous les deux sur le canapé; j'étais un peu "en transe" et en état de relaxation profonde (mais je ne dormais pas),
j'ai vu "Dieu" se manifester sous les traits de Mickey:
Tout d'abord une sorte de spirale a envahi sa gueule tout entière,
j'ai entendu, au fond de moi: "Je suis Dieu"...
Il me fixait et j'étais hypnotisée par cette spirale dans ses yeux, sur sa gueule...
Tout d'un coup, il a pris mes propres traits.
Je me suis vue, c'était moi.
Lui et moi ne faisions qu'un ... "Dieu était lui"... "Dieu était moi"...
Je n'oublierai jamais.
Lorsque je suis allée voir son petit corps, gelé, chez le vétérinaire pour le dernier adieu, j'ai laissé échapper: "Mais comment je vais faire sans toi".
Je n'imaginais plus la vie sans lui, car entre lui et moi un amour immense s'était installé, au-delà des mots...
Alors la véto m'a répondu, en me tapotant sur l'épaule: "Voyons, voyons, ne dites pas cela...".
Et là, j'ai pris conscience que rien ne devait s'arrêter,
que les autres êtres étaient aussi des êtres magnifiques, remplis d'amour,
que si Mickey était un être de lumière je devais tout de même continuer à aimer les autres, ne pas me laisser emporter dans le chagrin, et voir, en chacun de mes petits compagnons et dans tous les autres l'être lumineux qui est au fond d'eux.
Aujourd'hui quand je pense à Mickey, même si j'ai encore du chagrin et de la culpabilité (lui avoir octroyé une si lourde tâche, celle de veiller sur les autres), je sais qu'il a rejoint la lumière, que son pelage et ses yeux roux étaient le reflet de sa lumière intérieure, de sa divinité.
Je t'aime, Mickey.