Rappel du premier message :Bonjour,
ce matin j'ai lu le sujet d'un jeune membre de ce forum concernant l'homosexualité et la spiritualité.
Et je me suis reconnu à travers mon propre chemin. J'avais envie d'écrire et d'écrire mais c'était son sujet et je me devais de pas y créer mon roman.
Pourquoi vouloir parler d'homosexualité et de spiritualité ?
Peut-être parce que j'ai envie de vous faire partager mon chemin totalement ancré dans le dialogue entre ces 2 mots.
Peut-être parce que trop de gens ignorent comment ça se vit de l'intérieur, et se font tout un tas d'idée sur le pourquoi du comment de la question homosexuelle, ou encore de sa relation conflictuelle avec les mouvements religieux en général. Aspect non négligeable en spiritualité.
Peut-être aussi que cela apportera un autre regard qu'une simple question sexuelle.
Avant tout je suis un homme, je ne suis donc pas calé pour parler d'homosexualité féminine. Et croyez moi c'est très loin de se ressembler, mais il y aura bien une demoiselle pour exprimer cette question.
Plutôt qu'un long cours voici mon histoire
Tout d'abord je suis un petit garçon colérique, je joue à la poupée avec mes voisines, mais bon en même temps il n'y a pas beaucoup de garçon dans mon quartier.
Mais ne vous y trompez pas, maman ne m'a pas acheté de barbie, je joue avec celle que mes copines me prête, et ça a toujours été plutôt des wonderwoman que des barbies fait du shopping. Et pis mes copines jouait aussi à la ferme et au légo avec moi.
Je suis un petit garçon et je le revendique, les jeux de guerre ont une grande place dans mes choix de jeux.
Je ne joue pas au foot, je trouvais déjà stupide à l'époque de courir derrière un ballon, de toute façon je suis frêle, intellectuel et je préférais lire ou jouer à simcity avec mes légos.
A l'école je jouais à la corde et a l'élastique, d'ailleurs j'étais le seul garçon que les filles acceptaient, vraiment trop nul ces garçon... mais bon à la fin de ma primaire pour une raison inconnue presque tous les garçons jouaient à l'élastique
J'ai environ 10 ans et je vais partir au collège, pourtant cet année là j'étais parti pleurer dans les champs vivant assez mal cette séparation d'avec mes copains et copines et surtout à cause d'un jeune garçon dont je m'étais entiché qui me manquait terriblement.
Mais peut-on parler de sexualité ? de toute façon je ne savais même pas ce que c'était. (sans parler que quelques années plus tôt j'avais attaché ma voisine nue autour d'un arbre pour jouer aux indiens)
Vers 11 ans, maman a regardé une émission sur des homosexuels à la télé "mon Dieu si ça m'arrivait je ne le supporterais pas". J'ai toujours aucune conscience sexuelle, et encore moins de la notion homo-hétero, mais pour une raison inconnu cette phrase est gravée dans ma tête comme un choc psychique. (euh ... j'aime beaucoup ma maman hein !!)
Quelques années passe mais bon ça serait trop long à expliquer alors je résume
- vacances d'été j'ai un super ami avec qui je passe un super été, sauf que quand je rentre je pleure des jours parce que je supporte pas de l'avoir laissé seul (toujours rien de sexuel)
- régulièrement je vais m'enticher de garçon, c'est platonique, interne, non partagé et surtout secret. Cela me mènera à 2 ou 3 tentatives de suicide lors de mon adolescence et d'avoir raté une terminale scientifique alors que je suis élève assez doué en mathématique et en science (très nul en français, langues étrangères, philo)
Je ne vous l'ai pas encore dit, mais j'ai une éducation catholique, je vais à la messe toutes les semaines et j'ai fais ma profession de foi. Mamie m'emmène à la messe mais elle a une jolie collection de livre ésotérique
Eh eh
Jusqu'à 15 ans environ je n'ai pas une grande conscience sexuelle, je commence à apprendre ce que c'est mais pour moi tout est dans le ressentis, Je ne suis pas attiré par les garçons, non non !! je les aime j'en suis amoureux vous comprenez ? c'est pas pareil.
En tout cas moi il faut que je comprenne, je suis un garçon et j'aime des garçons.... syntax error.... ce n'est pas ce qu'on m'a appris.
Comme je sais que je suis intelligent (mais pas très humble) je sais que je ne détecte rien d'anormal en moi. J'ai un corps d'homme normal, j'ai pas envie d'être une fille (ah non jamais), j'ai reçu une éducation normale, j'ai aucun soucis familial ou psychologique, j'ai un parcours religieux normal et je ne me sens pas brebis galeuse (de toute façon j'ai toujours aucune notion sexuelle dans mon attirance pour les garçons)...enfin tous les constats sont au vert.
Donc ça doit être autre chose...
Ah oui les livres de mamie....
Karma et réincarnation de Annie Besant.... humm pas bête...et si j'étais anciennement incarné en femme et que j'en avais un souvenir encore trop vivace dans ce corps d'homme ?
Astrologie .... et si des énergie extérieures m'influençaient.. m'expliquaient
J'avais 17 ans je commençais mon parcours ésotériquo-spirituelle sur une simple question
Pourquoi mon coeur s'emballait pour des garçons alors que la société disait que ce n'était pas comme ça.
Pourtant il n'y avait rien de sexuel, je ne me souviens pas de pulsions, je me souviens juste de déchirement dans mes sentiments qui prenaient le pas sur tout.
A partir de là j'ai touché à beaucoup de chose, astrologie, numérologie, karma, théosophie, développement personnel, etc...
De fil en aiguille j'ai fini par devenir un peu plus philosophe et peut-être plus spirituel qu'ésotérique.
A 21 ans j'ai décidé d'en finir avec cette incertitude, cette théorie des sentiments décalés.
Cela devenait trop difficile pour moi de résister à la tension sexuelle de la société. Ca faisait des années que des filles gravitaient autour de moi, mais je les ignorais superbement, tellement ça n'éveillait rien en moi.
Le problème c'est que j'étais enfermé dans ma solitude et mon absence de relation mon absence de sexualité.
Alors un dimanche de novembre j'ai rencontré au hasard un garçon via le seul moyen que je connaissais, le minitel de la maison. Je ne savais pas du tout ce qu'était un homosexuel.
Ce fut une expérience physique agréable, et j'ai su immédiatement que ça me convenait.
Le seul hic c'est que pour la découverte j'ai choisi quelqu'un que je n'aimais pas. Le corps jubilait pendant que l'âme pleurait, et c'est une blessure qui perdure jusqu'à aujourd'hui. Mon péché originel en quelque sorte.
Surtout ne vous y trompez pas !!!! mon péché ce n'es pas d'avoir eu une expérience sexuelle avec un homme, mais celui d'avoir choisi un homme que je n'aimais pas.
Jusqu'à maintenant j'ai beaucoup insisté sur la nature non sexuelle de mes premières attirances.
Parce que les gens s'imaginent qu'être homosexuel c'est juste une question de désir physique, de jouissance, de perversité, en gros les homos aimeraient avant tou le sexe.
Mais ce n'est pas plus ou moins vrai que n'importe qui hétéro ou homo.
Nous connaissons aussi les attentes interminables, les ruptures, les coups de foudre, le romantisme, les passions, les amours inconditionnelles, la tendresse ou le simple fait de connaitre le paradis en serrant quelqu'un dans ses bras.
Nous connaissons aussi tous ces malaises de l'âme qui nous pousse un jour à ouvrir la porte d'une boutique ésotérique, de participer à un stage d'éveil de soi-même ou de chercher refuge dans une religion ou une spiritualité quelconque.
Nous aussi nous questionnons Dieu sur "pourquoi ?", certains se réconcilient, d'autres s'en vont.
Quel mal y a t-il à vouloir aimer aussi imparfaitement que nous sommes ?
J'avais 21 ans et j'ai bien rattrapé mon retard, et je me suis largement laissé balloter par cette société qui fait de la sexualité un éternel problème alors qu'au même moment elle en fait le produit phare de son modèle de consommation.
Bien sur, tout cela en coulisse.
Je pourrais parler encore et encore.
Mais tout ce que je sais à travers ce témoignage ce que je ne serais pas ce que je suis maintenant si un jour la question de savoir qui j'étais ne c'était posée à travers l'homosexualité.
Aujourd'hui je veux me croire spirituel, parce qu'un jour il a fallu que je dépasse ce que je croyais être, ce qu'on m'avait dis que j'étais.
C'est mon chemin et vous en avez tous un différent.
Le mien est passé par l'homosexualité.
Je ne déteste pas les femmes, loin de là, au contraire je crois même avoir le privilège d'être l'ami proche de beaucoup d'entre elles parce qu'elles ne se sentent jamais menacées par moi.
Je n'aime pas tous les hommes, je suis comme vous, certains me parle plus que d'autres, mais dans tous les cas je respecte leur propre choix et évite de les déranger si ils ne sont pas réceptifs.
Je joue toujours aux jeux de guerre honte à moi, mais le paradoxe et que si comme beaucoup j'étais déjà sensible à la douleur des enfants, des femmes et des personnes agées, je le suis aussi envers celle des hommes, tout cela résonne en moi comme l'empathie de pouvoir les aimer.
Un jour ma mère m'a demandé "ne peux tu pas changer, essayer ?".
Je lui ai répondu "maman! je peux être un bon acteur, mais souhaiterais-tu à une femme de vivre auprès d'un compagnon qu'elle ne pourra jamais saisir, un compagnon qui tournera son regard en secret vers des hommes, un compagnon qui ne l'aimera peut-être jamais à la hauteur de ce qu'elle espèrera ? ne serait-ce pas cruel de souhaiter une telle vie à une femme ?
A défaut d'avoir des enfants suis le parrain de 2 charmants bambins, en toute connaissance de cause.
Au jour d'aujourd'hui je suis très loin d'avoir résolu la problématique de l'Amour et du sexe, loin de savoir ce que je veux.
Mais je crois que si c'était à refaire je ne changerais pas cette préférence sexuelle. J'ai trop aimé pour ne pas vouloir m'en souvenir.
A toi qui est peut-être homosexuel, n'ai pas peur de l'être, c'est ta vie pas celle des autres, et personne n'est dans la confidence de Dieu, pour te juger.
Fais du mieux que tu peux, c'est déjà une belle façon de vivre
A vous qui n'êtes pas homosexuel, je dirais qu'importe, ce n'est pas sur ce critère limité que je souhaite vous connaitre.
Merci d'avoir lu.
Et si jamais d'aventure cette question traverse votre vie, vos proches, ne vous faites pas de mal, ne leur faite pas de mal.
Nous avons peut-être tous un point commun celui d'avoir le parcours spirituel d'aimer du mieux que nous pouvons