Des messages simples et pourtant forts parce qu'ils parlent au coeur.
Et c'est bon de partager ça.
Des personnes ont besoin d'entendre ces messages.
Ya pas de couleur pour pleurer, aimer ou même .... saigner.
Ca me rappelle quand autour de mes 15 ans mes parents et moi nous sommes installés en Afrique.
Debrieffés déjà à notre arrivée sur les supposés dangers de contacts trop étroit avec la population locale; on vivait en reclus sans sortir du logement de fonction dès le premier mois.
Un jour un artiste local a sonné à notre porte. Le visage ensanglanté.
Un de nos voisins de l'Ambassade de Roumanie lui avait jeté à la face une des petites sculptures en bois qu'il s'offrait à vendre.
Ca peut paraître absurde: mais c'est en voyant le sang couler sur son visage que j'ai réalisé.
Son sang est rouge comme le mien.
Et quand il coule, ça fait mal !
Maman l'a laissé entrer afin de le soigner.
Et je crois qu'il s'est passé quelque chose au fond de nous.
Je crois que c'est lui, ou enfin les circonstances qui l'ont amené à frapper chez nous, qui nous a soigné.
Car depuis ça, notre vie de reclus a cessé. On s'est ouvert sur l'extérieur et on sortait en bannissant toute crainte.
La ségrégation et la violence naissent de la peur.
La crainte des différences.
Quelle différence entre, répandu sur le sol, son sang versé ou le mien.
Personne ne pourrait le dire !
Seule la blessure en témoigne.
Toutes ces chansons parlent au coeur.
Avec l'apparente misère des ghetto et banlieue émerge une nouvelle conscience.
Elle est manifeste partout dans le monde.
Certains se sont entendus dire: Tu es une terre maudite ! Rien n'y poussera jamais.
"Pleure en silence"....
Mais "terre maudite" n 'est que parole mal dite.
Et même les sols irradiés reverdissent un jour.
Hier j'ai regardé un documentaire des Nouveaux explorateurs, D comme débrouille. Sebastian Perez Pezzani nous amenait aux Philippines.
A Manille, grande métropole de la pauvreté, ou la majorité de la population souffre de la faim, j'ai vu quelque chose qui m'a profondément émue, tellement .... plein d'une nouvelle espérance. Dans les bidonvilles les gens installent un jardin sur leur toit, avec pneus et bouteilles en plastique en guise de pots…
En écoutant les chansons que vous partagez ici, les images de ces jardins suspendus se sont imposées à moi. Tous ces rappeurs, tous ces poètes contemporains sont à l'image de ces jardin suspendus. Ils apportent le vert espoir du fond des quartiers bitumés, des tours bétonnées.
Merci à eux !
On en garde quelques graines pour les planter de ci de là. Car toute terre est bonne et sacrée.